13 nov. 2013

Pilo, plus loin, plus fort



Après Bad Life, après Twin Turbo, James Cameron Ward - aka Pilo - s'encanaille chez Boys Noize Records. Il s'agit déjà du troisième EP du jeune américain originaire de Los Angeles, et n'ayez crainte, For the Hood in You va vous retourner le cerveau.

On se rappelle encore d'Ubstraktion, splendide EP paru en décembre 2012, comme d'un condensé de violence et de gros son. Rebolote ici, avec en guise d'apéritif Ghettocoder, un morceau aussi entêtant qu'efficace. Le style de Pilo est simpliste diront les mauvaises langues. Pourtant, aller droit au but constitue parfois le meilleur moyen d'appuyer là où ça fait mal. Et force est de constater que Pilo ne s'embarrasse pas.

Imply, Street Related et The Distorted Truth ne feront qu'accélérer la cadence, exigeant une réponse immédiate de notre corps. En effet, les compositions de Pilo frôlent le Gabber par instant, vont et viennent à leur guise pour mieux nous assommer. Décidément, le continent américain est riche de DJ's qui n'hésitent pas à envoyer le petit bois ces derniers temps: Gingy & Bordello ou Harvard Bass pour ne citer qu'eux. Un seul conseil: abandonnez-vous, lâchez l'affaire et laissez le rythme soutenu de ce bel EP vous déboîter la face.

7 oct. 2013

Daniel Avery, en toute logique



C'est aujourd'hui que sort le premier album de Daniel Avery, cet Anglais que personne ne connaissait il y a un  an à peine, mais que tout le monde s'arrache désormais. En écoute intégrale sur l'excellent site Pitchfork, Drone Logic ne décevra pas les amateurs de techno urbaine et décompressée. En réalité, Dany Avery affiche grâce à cet opus toute une maturité, construite pas à pas, depuis un an, à coup d'EP et de collaborations bien sentis. Pour les retardataires, les EP Movement et Need Electric sont impérativement à écouter. 

Drone Logic s'ouvre avec Water Jump, morceau qu'on ne présente plus. Toute la puissance techno de Daniel Avery parvient à être canalisée dans cette track, pour un résultat absolument génial, qui donne le ton de l'ensemble. L'impression de maîtrise est saisissante chez l'anglais: Free Floating réussit à prendre la suite dans une continuité remarquable: jamais le DJ ne perdra le fil rouge de Drone Logic. C'est un luxe rare de le pressentir dès la seconde track.



A ce moment, Daniel Avery claque Drone Logic (morceau qui a donc donné son nom à l'album). Le britannique grillerait-il d'ores et déjà sa meilleure cartouche? Pas tellement, puisque ce tube circule depuis un moment sur la toile. L'effet de surprise s'en trouve certes amoindri, mais Drone Logic s'insère délicieusement dans le cheminement de l'oeuvre. En fait, la claque est simplement retardée de quelques instants: These Nights Never End, en prenant la relève, nous retourne littéralement. Encore une fois, cette même impression de puissance à la botte du DJ, ou quand tout le savoir-faire anglais en matière de techno te remonte à la gueule.



Naive Response débaroule alors, pour tenter de persévérer dans ce sillon de force brute. S'il s'agit là d'un moment faible de Drone Logic, ce morceau a le mérite de créer une passerelle avec la seconde partie de l'album, plus tendre, plus voluptueuse (les trois minutes de Platform Zero sont belles à pleurer). 

Need Electric reprend néanmoins le flambeau, estimant que la pause a assez duré. Morceau datant de 2012, Need Electric a été quelque peu "musclé" pour le long format, pour notre plus grand plaisir. Daniel Avery est un perfectionniste, que voulez-vous. En parlant de muscles, All I Need est là. Et ce morceau veut vous casser la tête. Ouais. Parole de technophile, jamais un rythme ne nous a autant fait mal. Puissant, précis, mécanique. 



Forcément, après une telle démonstration estampillée techno-dancefloor en furie, il fallait relâcher quelque peu la pression (ou la boire, au choix). Spring, en bon interlude, s'en chargera. Simulrec, belle composition de six minutes, entamera un voyage poétique et parnassien, poursuivi avec New Energy. Daniel Avery prouve qu'il a plus d'une corde à son arc avec ces morceaux oniriques et calmes: le DJ anglais fait étalage de tout son talent (mention spéciale aussi à Kelly Lee Owens pour sa magnifique voix).

Enfin, Knowing We'll Be Here referme le livre. Dans un style proche de ses aînés les fabuleux Chemical Brothers ou Fatboy Slim, Daniel Avery termine remarquablement bien son album. Félicitations à lui.

Adoubé par Andrew Weatherall, épaulé par Erol Alkan sur Phantasy Records, l'avenir de Daniel Avery semble réellement radieux. Drone Logic restera comme un des albums majeurs de 2013.

3 sept. 2013

Le club de Silver



De retour aux affaires. C'est la rentrée, et Heartcake ne déroge pas à la règle, Silver Stan commençant l'année scolaire avec un sérieux remarquable. Son EP, Indo Silver's Club, arrive à point nommé pour celles et ceux souhaitant prolonger l'esprit onirique de vacances résolument trop courtes.

Indo Silver's Club est plus qu'un titre des Daft Punk (mais si, mais si, sur Homework): il s'agit d'un ensemble solide de quatre morceaux lumineux. Baptiste Frelat aka Silver Stan débute fort avec Step On It! idéal pour une entrée sans ambages. Housse Zebra accélère ensuite le tempo, comme pour nous intimer l'ordre de danser. Quelque peu fatigués, nous nous relâcherons sur Miss U So: prudence, car il y a de la distribution de love dans l'air...

Pour clôturer ce bel EP, Silver Stan nous dévoile Midnight in NYC, une composition suave de plus de six minutes qui vous ramènera une dizaine d'années en arrière, lorsque vous écoutiez Party Fun sur Fun Radio. Attention, c'était Max et Mélanie aux commandes, pas Antoine Clamaran, et ça, c'était quelque chose.


27 juin 2013

Entretien avec Electric Rescue



Après plus de vingt ans dans le milieu, Antoine Husson aka Electric Rescue a forcément des choses à raconter. De l'épopée rave party à son album Sonic Architecture, le fondateur de Skryptöm Records se livre sans concession, comme à son habitude. Entretien avec un DJ attachant, entier et connaisseur.


Ta carrière inspire le respect. Avant de parler plus en détail de ton parcours, y a-t-il un moment précis, au cours de ta vie de DJ, que tu n'oublieras jamais?

Non c'est impossible de donner des exemples, on aurait besoin de tellement de pages. Je suis un gros chanceux d'avoir la possibilité de m'exprimer dans tant de chouettes endroits qu'il me serait impossible et injuste de n'en citer qu'un.

Tu as débuté dans les années 90, en tant qu'organisateur improvisé de soirées du côté de Rueil Malmaison d'après ce que j'ai lu. Tu en gardes de bon souvenirs j'imagine?

Effectivement, j'ai vécu les 20 premières années de ma vie à Rueil. Cette ville est vraiment idéale dans la région parisienne, enfin elle me paraît idéale, faut avoir un peu les moyens c'est sûr. Je vivais dans le quartier "populaire" de cette ville et j'y ai pris pas mal de mes racines et rencontré mes premiers potes qui m'ont fait découvrir les musiques électroniques en 1988. Je suis devenu DJ, enfin "pseudo DJ" en 1990, et puis j'ai eu la chance de jouer dans mes premières raves en 92.

Mais à l'époque où j'ai commencé à en organiser, en 1993, j'avais déjà quitté Rueil. Pourtant c'est sûr mes racines sont là-bas. Mon éducation s'est faite là-bas, même si je n'oublie pas ma Normandie de coeur. Je rêve un jour d'avoir les moyens de me racheter une maison à Rueil, mais je ne les aurai jamais ces moyens, car je ne les recherche pas dans ma démarche professionnelle et artistique, donc bon, on verra... Un coup de bol, ou un loto!

Vient ensuite la période rave party...

Une deuxième partie de mes fondements, de mon état d'esprit: la recherche du partage, de la justice, de l'égalité, de l'échange, de la joie, des couleurs ainsi que la culture de la différence sont les fondements de l'esprit rave (pas free party attention!). Ils ont aussi forgé ma mentalité, en complétant l'éducation que j'ai reçue. 

La rave party c'est un état d'esprit, une approche de la vie de manière simple, dans la construction, pas dans la destruction comme le pensent certains. On laisse ça à la free party... Leurs organisateurs vont définitivement me détester et je l'assume. Cet état d'esprit nous l'avons retranscrit avec Virginie, ma femme, avec qui je fais tout ça, dans nos soirées el.ue ou Play depuis deux décennies maintenant.

Dans une de tes interviews tu différenciais rave party et free party. Peux-tu développer?

La rave évoque des couleurs, des échanges, la culture de la différence, une musique variée, des sourires, la liberté respectueuse de l'autre, la recherche, l'innovation, le fait d'aller plus loin artistiquement et plein d'autres choses. 

Alors que pour moi, la free party, c'est la couleur kaki, une musique dure, des trips solitaires. Une certaine uniformité vestimentaire et musicale, où les sourires sont étouffés par les produits et où la nature n'est pas respectée. Bref, je viens encore de me faire quelques amis.



Comment as-tu rencontré Laurent Garnier? Je crois savoir que tu le connais bien.

Je ne sais plus comment j'ai rencontré Laurent. C'était à l'époque des soirées au Boy, au Zoo, sachant qu'ensuite il a fait son parcours anglais puis international. Je l'ai plus précisément rencontré en 1993 aux alentours de OZ, un festival qui aurait certainement accéléré le monde électronique dans notre pays. Ensuite il y a eu les soirées Wake Up, et puis mon premier disque, que je lui donne et qu'il booste, avant un suivi permanent de sa part à propos de mon travail. On se rencontrait régulièrement dans des fêtes, au Rex Club, à Astropolis, et on échange en permanence sur internet. 

On ne peut pas dire qu'on soit amis proches, mais on se suit de prêt et on s'apprécie beaucoup, il y a du respect entre nous. C'est rare qu'on se croise car on est très occupés tous les deux, mais quand c'est le cas, on est très contents. 

Laurent est pour moi l'initiateur en France d'une espèce de méthodologie de suivi de carrière intègre: il est extrêmement ouvert musicalement. Je suis plus fan de sa carrière que de sa musique: j'aime quand il est très techno ou electronica mais je n'aime pas le reste. Mais voilà, Laurant est celui qui a montré la voie aux vrais. Je ne cherche pas à faire comme lui, mais j'apprécie sa manière de prendre des décisions. Il sait mener des projets et le plaisir et la recherche sont ses maîtres-mots. Je me retrouve dans cette attitude.

Peux-tu nous en dire plus sur les fameuses soirées Play? D'où t'es venue l'idée?

En fait Play ne ressemble plus à ce que j'ai mis sur pied il y a 20 ans, une vraie rave au sens originelle du terme avec tous les ingrédients possibles selon les lieux pour respecter cette définition. Aujourd'hui on cherche un lieu original, un public coloré et souriant, de la techno au sens large, du voyage et des moyens techniques (ainsi que de l'huile de coude) pour un voyage éphémère mais qui reste longtemps en tête.

En 2006, tu as fondé le label Skryptöm. J'ai lu à ce sujet que la structure avait changé récemment.

Je cherche à faire grandir un peu Skryptöm pour que cela soit profitable à tous les artistes qui me font confiance. Donc je me suis associé à Rainer Weichhold pour développer Skryptöm et faire plus de sorties tout en gardant le même degré de qualité de production, et pour l'instant j'ai l'impression que c'est respecté. Il ne manque plus qu'à accroître l'auditoire et le tour sera joué pour tous les artistes que j'aime et que j'ai signé dessus: Traumer, Maxime Dangles, Commuter, Pierre Delort et Remy Maurin aka Moteka, Shekon, The Welderz et les prochains à venir...



Parle nous de l'élaboration de Sonic Architecture, ton nouvel album. C'est l'aboutissement d'un long processus, à la fois créatif et personnel non?

C'est la photographie de mes deux dernières années, de mes envies, une sorte de fin de cycle pour en ouvrir un nouveau. Tout ce qui m'a fait vibrer depuis l'arrivée de mon fils. Des moments familiaux, des fêtes, des voyages. J'en suis content, je n'ai fait aucune concession, c'est moi à 100% sur cette période. Je n'ai fait aucune concession pour Bedrock (le label où est sorti l'album), ils ont tout validé et je suis comblé. Maintenant, je passe à autre chose, je retourne vers mes premières amours, une techno plus sombre, plus brute, plus épurée. Vous verrez cela bientôt.

Si tu jettes un coup d'oeil en arrière, quel est ton pire souvenir?

Je n'en ai pas et espère ne jamais en avoir.

Pour terminer, quels sont les futurs projets d'Electric Rescue?

De nouvelles directions artistiques vu que le chapitre Sonic Architecture est clos et que je passe à autre chose. Des premiers maxis ont été signés avec cette nouvelle empreinte, on reconnaîtra toujours mon approche Electric Rescue, mais il y a une évolution. Il y a des choses prévues sur Becrock bien sûr, sur Herzblut, on discute de la suite avec Soma aussi, et puis j'essaie de construire des choses avec des lables plus underground comme Deeply Rooted House ou Mote Evolver, dans un style plus pointu et sombre, ce qui correspond à ma volonté musicale du moment. 

Je ne sais pas s'ils apprécieront, mais on verra bien. Je veux vraiment pousser quelque chose dans cette direction, je risque certainement de me faire claquer la porte au nez, car même si je suis intègre dans ma démarche, j'aime la musique variée et je ne suis pas sûr que mon profil les intéresse. J'espère que pour certains la limite intégrité / intégrisme n'est pas franchie auquel cas j'aurais peut-être ma chance, mais j'ai bon espoir puisque la musique n'est que partage et mélange non? 

Merci beaucoup!

Skryptöm : www.skryptom.com
Electric Rescue sur facebook ou soundcloud





Boys Noize pète un câble



Mainstream pour les uns, sous-estimé pour d'autres, le producteur allemand Boys Noize n'en est pas moins devenu une figure incontournable du monde des musiques électroniques, à coup d'albums remarquables et d'EP ravageurs. Justement, à propos d'EP, son dernier vient de paraître, et attention, il s'agit d'une bombe.

Si le titre - Go Hard - est suggestif, n'allez pas croire que Boys Noize se contente d'une soupe techno utltra répétitive. Parfois caricaturé comme un ex-punk amateur de grosses turbines, Alexander Ridha reste capable de retourner n'importe quel public lors de performances lives hallucinantes. Cette fois, il frappe très fort avec des titres magistraux: Go Hard, qui rendrait épileptique Paul Kalkbrenner, Excuse Me (je suis sans nouvelle de plusieurs amis depuis) ou encore Inhale/Exhale. Même l'artwork de la pochette pue l'acide sérieux.

Mais, comme le filou a plus d'une corde à son arc, d'autres tracks complètent cet EP, et l'empêchent de sombrer dans la violence la plus démente: Starwin est une ode à la French Touch, tandis que Push Em Up ravira les amateurs de dirty Hip-Hop. En résumé, une pure affaire!

24 juin 2013

Le très affairé monsieur Winter est de retour




Busy P, ancien manager des Daft Punk et boss d'Ed Banger, revient aux affaires avec son nouvel EP, Still Busy, qui sort aujourd'hui. Très occupé, Pedro Winter n'avait en effet pas bercé nos oreilles depuis plusieurs années: on se rappelle de Pedrophilia, paru il y a déjà cinq ans! Forcément, on tend l'oreille.

Deux tracks, accompagnées de remixes, composent cet EP. D'abord, Still Busy. Un euphémisme lorsque l'on connaît le bonhomme, toujours sur la brèche. Busy P entame son EP par un morceau découvert sur la compile anniversaire du label, dans un style parfois décousu. On est nettement plus fans de This Song, agrémenté d'un superbe featuring d'Andrew Woodhead.

Côté remixes, du lourd: Maelstrom, Xavier de Rosnay (moitié de Justice), Parris Mitchell.

PS: la pochette de l'EP est inspirée de Dr Dre - The Chronic


23 juin 2013

Interview de Citizen Kain



Citizen Kain, l'un des plus fiers représentants de la Techno "sudiste" a un parcours original, qu'il retrace avec nous. Du Punk au Hardcore, des raves de 1993 aux clubs de Montpellier, le DJ se raconte, après avoir gentiment accepté de répondre à nos questions par mail. 


J'ai lu à ton propos que tu étais" un échappé du punk"... Mon dieu...

Effectivement je suis issu du milieu Punk et Hardcore, mais si ça peut te rassurer "Punk" c'est un état d'esprit et une musique qui ne se traduisent pas seulement par une tenue vestimentaire déglinguée et une bad attitude... Je n'ai jamais vraiment eu de distinctions extérieures et apparentes comme certains mais j'ai vécu cette musique avec la même passion que je vis les musiques électroniques maintenant. Bon, j'ai plus tendance à dire "va te faire enculer je t'aime pas" que "écoute je crois qu'on n'a pas trop d'affinités"... A part ça, je n'ai pas été plus Punk que ça!

Et tu as connu les raves des années 90. Peux-tu nous en dire plus?

Oui en effet c'est grâce à ça, en 1993, que j'ai commencé à m'intéresser à la Techno, ce sont des souvenirs impérissables, comme pour n'importe quel individu qui découvre une telle atmosphère, si énergique, pour la première fois. Je ne suis pas trop pour le "c'était mieux avant" et je serais incapable de dire si c'est vraiment le cas, mais de ce que je sais, les gens venaient aux soirées pour la musique, vraiment.

C'était une passion. "Raver", c'était comme "Punk", un état d'esprit, une façon de vivre, on ne vivait que par ça... Il n'y avait pas de barrières musicales dans une soirée, tu venais pour voir de la House, de la Techno, de la Drum ou du Hardcore dans la même nuit, il n'y avait pas de code vestimentaire. On était tous là pour faire la fête et danser dans la bonne humeur jusqu'à épuisement. Peut-être qu'aujourd'hui en France, il y a plus de barrières et de codes. Peut-être que moins de gens vivent cette musique avec autant de passion...

Prolongement de la question précédente, comment en es tu venu à mixer?

C'est venu assez rapidement, les Dj's m'ont vite fasciné, je trouvais ça puissant et excitant de pouvoir s'amuser avec les gens par le biais de la musique. J'ai eu envie d'apprendre à mixer et j'allais régulièrement chez des amis Dj's pour m'essayer aux platines jusqu'au jour où j'ai décidé d'en avoir à la maison. J'ai continué à jouer dans des groupes pendant encore un an, puis le mix s'est mis à prendre trop de place dans mon emploi du temps. Donc j'ai arrêté la guitare et je me suis totalement investi dans la Techno.

Quelles sont tes influences majeures?

Comme tu l'as souligné plus haut, je viens du Punk et du Hardcore, et malgré la distance qui semble séparer ces styles, il ne sont pas si éloignés finalement. Donc je pourrais te citer facilement des groupes comme Biohazard, Madball, Sick of it All, Exploited, GBH ou Faith No More pour le côté énergique. Mais parallèlement j'ai grandi avec Depeche Mode, New Order, Kraftwerk, The Cure, Joy Division et je pense que les influences qu'on peut le plus ressentir dans ma musique viennent de ces artistes là.

Après avoir écouté ta musique, il me semblait compliqué de trouver un adjectif te qualifiant. Comment définirais-tu ta musique?

A vrai dire ça m'est aussi difficile, c'est juste une musique qui vient du coeur, faite selon l'humeur des jours. Je compose cette musique comme si je voulais toujours danser, et ça donne un truc que les gens classent dans Techno ou House. Mais honnêtement, je n'aime pas trop cette obsession de ranger un musicien dans un univers unique, ce qui représente souvent un handicap pour moi. C'est pour cela que j'ai récemment choisi de  sortir mes productions House sous le pseudonyme "So Fine". 

Donc, trouver un seul adjectif serait difficile, mais je pense que s'il y a quelque chose qui revient tout le temps, c'est le mot "danse", alors je dirais "dansante".



Ton morceau secret pour allumer le dancefloor.

Je crois que ça doit être mon remix de Paul Kalkbrenner (Revolte) même si je n'en peux plus de le jouer. Sauf que si je ne le fais pas, les gens me montrent leur téléphone ou m'envoient des petits mots sur papier avec écrit dessus: "Revolte stp!" Le but premier étant de faire plaisir aux gens présents, je le joue encore et encore, et je kiffe malgré tout!


En 2009, tu fondes Neverending, ton propre label. Tu vois ça comme l'aboutissement de ta carrière, avec une volonté de partager du son?

L'aboutissement de ma carrière non pas vraiment, mais une volonté de partager du son, ça oui. Je pense que Neverending a été fondé parce que c'était la suite logique des événements. Puis, quand Meda et par la suite Phuture Traxx m'ont rejoint, ça a renforcé ma motivation. Il est certain que notre préoccupation première à tous est depuis le départ de partager de la musique.

A propos, quel serait ton modèle de label? Que ce soit par rapport au son ou à la forme de celui-ci.

Certainement Cocoon pour leur éclectisme et leur gestion même si je ne suis pas fan de tout ce qu'ils sortent, je crois qu'ils sont un modèle de rigueur. Ils développent beaucoup de choses, créent des tendances... Il est difficile de ne pas admirer leur travail. Et puis pour les mêmes raisons et certainement parce que leur musique me correspond plus en ce moment: Crosstown Rebels. 

Tu as le droit de signer un artiste sur Neverending. N'importe lequel. Tu choisis...

Sans hésitation Maetrik / Maceo Plex! Eric est juste un génie.


Tu es originaire de Montpellier, qu'en est-il de la scène techno du Sud de la France?

Elle se porte bien, certains trouveront sûrement à redire mais c'est certainement parce qu'ils ne vont pas assez voir ailleurs, je ne pense pas qu'on soit les plus à plaindre. Montpellier bouge tous les weekends, beaucoup d'artistes passent par ici. Les gens sont réceptifs. Localement il y a un gros vivier d'artistes et d'organisateurs et la scène est très positive.

Et enfin, le futur de Citizen Kain c'est...

Toujours plus de sorties prévues en Techno sur Blufin, Natura Viva, Neverending... Avec des remixes de Dustin Zahn, Lutzenkirchen, Maxime Dangles, Klaudia Kawlas, Niereich. Mais aussi sous mon nouveau pseudo "So Fine", et bien sûr je l'espère toujours plus de monde à faire danser!

Merci!
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